dimanche 11 janvier 2009

MME MARTHE MOUMIE ASSASSINEE, POURQUOI?


J'ai suivi avec stupeur, la nouvelle de l'assassinat de Mme Marthe Moumié. La nouvelle fait l'effet d'une bombe parce que Marthe Ekemeyong Moumié n'est pas n'importe qui dans les rangs du combat panafricainiste. Pendant près d'un demi siècle, elle a accomplit des tâches précieuses auprès des révolutionnaires tels Felix Roland Moumié qui fut son mari mais aussi auprès du révolutionnaire équato guinéen Anastasio Ndong. La dernière image que j'ai d'elle c'est celle de la Maison des Mines à Paris lorsque je modérait la conférence de présentation de son ouvrage intitulé : "Victime du colonialisme français, Mon mari Félix Moumié", publié aux éditions Duboiris. Elle était pleine de vie et toujours offensive contre le colonialisme : "c'est le Général De gaulle qui a tué mon mari", disait-elle. Alors qu'elle était rentrée dans son Ebolowa natal pour y couler ses derniers jours, le destin tragique a frappé. Elle a donc été étranglée, violée, tuée, mutilée, souillée. Même son cadavre a été tué et dissimulé puisqu'elle a été découverte presque en état de putréfaction avancée. Pourquoi une telle haine? Pour qui cette pauvre femme pouvait-elle représenter un réel danger? On sait qu'elle avait deux dernières passions à remplir avant d'aller rejoindre son mari : La première, faire la lumière sur la mort de Felix Roland Moumié afin que cela ne se repète plus. La seconde était de rapatrier les restes de son mari et l'enterrer dans sa terre natale le Cameroun. Doit-on mourir pour si peu?!
Pour le moment, contentons-nous de ce reportage de Jean Pierre SEH à Ebolowa


Marthe Moumié a été assassinée dans la nuit du 06 au 07 janvier 2009 à Ebolowa dans son domicile, veuve du nationaliste camerounais Félix Roland Moumié lui aussi assassiné à Genève par les services secrets Français en 1960 sous la direction de William Bechtel.
Cameroun-online / Vendredi 9 janvier
Et ce n’est que hier le 08 janvier que la nouvelle s’est ébranlée dans la ville d’Ebolowa.
Les populations du quartier Angalé à Ebolowa où vivait la défunte ont accouru, elles ont découvert l’image d’un corps sans vie de Marthe qu’elles n’oublieront pas aussitôt, car méconnaissable sur tous les plans.
Selon les voisins, Marthe Moumié vivait dans son domicile avec une fillette 9 ans environ, qui fréquente l’école primaire du quartier Angalé. Dans ce même domicile vivait aussi un jeune garçon à peine la trentaine, qui y était hébergé par Marthe Moumié et dont les rapports ont été broyés entre temps.
Cette dernière s’est trouvé obligé de se séparer de ce dernier. La séparation a été consommée pendant une période. C’est ainsi que dans la nuit du 06 au 07 janvier dernier, Mr X a réussi à s’introduire dans le domicile, fouillant sérieusement le domicile qu’il connaissait mieux. Semble t-il dans son sommeil, Marthe Moumié sentit une présence dans sa chambre.
Personne ne peut au jour d’aujourd’hui dire ce qui s’était passé avec exactitude, ce qui est vrai c’est que la fillette est partie ce matin du 07 janvier dernier croyant que celle qu’elle appelait « Mboombo » dormait encore. Elle cherchait à prendre l’argent pour ses beignets à sa grand-mère comme d’habitude, la porte de sa chambre était fermée.
Elle dit avoir vu ce Mr X portant deux sacs dont elle ignore le contenu, et ce dernier lui a fait comprendre qu’elle ne doit pas réveiller pas sa grand-mère qui dort. Toute cette journée n’a pas été facile pour cette fillette, c’est ainsi qu’elle a fait appel aux voisins, qui ont approché les membres de la famille qui la fréquentait.
L’autorité administrative, saisit de la nouvelle a effectué une descente sur le lieu du crime. Le préfet du département de la Mvila Bernard Marie Mbah en compagnie des forces de maintien de l’ordre a pu accéder à sa chambre en fonçant la porte. La découverte était horrible, Marthe Moumié est sans vie, les yeux crevés, les dents arrachées, la jambe cassée, le corps plein de griffures. Avec l’aide de la population, le corps en début de putréfaction a été conduit dans une morgue de la ville.
Les enquêtes ont été ouvertes par les forces de maintien de l’ordre et se poursuivent, et dont l’issue reste attendue.
Pour mémoire, Marthe Moumié est née le 04 septembre 1931 à 78 ans elle retrouve son époux Félix Roland Moumié mort par assassinat lui aussi en 1960.
Marthe a écrit un livre préfacé de Ahmed Ben Bella dont le titre est « victime du colonialisme français : Félix Moumié mon mari », et grâce à sa petite fille un documentaire sur son défunt mari a été réalisé « L’Afrique sous contrôle ».
La question taraude les esprits des habitants d’Ebolowa, pourquoi cet assassinat ?
Jacques Pierre SEH à Ebolowa

2 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est bien dommage pour le Cameroun et surtout pour le régime Biya qui doit assumer ce crime. Peut-être directement s'il l'a commis ou indirectement parce qu'il a laissé l'insécurité gangrener la société.

FULELE a dit…

Cette nouvelle me laisse sans voix.
et les mots pour que je puisse exprimer ma peine, ma haine,ne parviennent pas à mes doigts.
No comment cela en dira long parlez d'elle chers frères de son combat pour que jamais l'on oubli.
Bon dieu mais quand nous autres Afrikains sauront sauront préserver ce qui nous fait notre fierté?